Entretien avec JJ Burnel et Paul Roberts 
JJ Burnel et Paul Roberts étaient de passage à Paris vendredi 12 décembre dernier pour la promo de l'album Norfolk Coast qui sortira le 17 février 2004.
Un grand merci à Karine et à Nathalie, qui ont permi cette rencontre.

 

Q- Vous sortez un nouvel album en février. Jean-Jacques, tu jouais déjà certaines chansons de cet album lors de ta tournée solo il y a trois ans, quelle est l'histoire de l'album ?

JJ- En fait elles ont été écrites de manière acoustique (celles que j'ai jouées pendant ma tournée), je savais donc qu'elles allaient considérablement changer quand je les ai présentées au groupe, et c'est ce qui s'est passé. Elles ont été "stranglerisées", et c'est ce qui pouvait leur arriver de mieux !!

Q- Et les autres chansons ? Est-ce qu'elles viennent aussi de cette période ou est-ce qu'elles ont été écrites plus tard ?

JJ- La plus ancienne date d'il y a quatre ans, c'est la chanson-titre, "Norfolk Coast", et on a travaillé sur environ trente titres à partir de là. On a dû en écarter beaucoup pour finalement arriver à onze  titres. Et on a eu la grande chance de pouvoir jouer certains de ces titres en live pendant les deux dernières années. "Mine All Mine", qui est une chanson de Paul, on la joue depuis deux ans.

Q- Ca ressemble à ce que vous aviez fait aux tout débuts, avant "Rattus Norvegicus", et également quand Paul est arrivé : beaucoup de répétitions et de concerts avant de sortir un album...

Paul- Absolument

JJ- C'est le meilleur moyen de peaufiner.

Paul- C'est vraiment une bonne chose pour le groupe.

Q- Est-ce facile aujourd'hui de vous réunir tous dans une même pièce pour travailler sur un projet ?

JJ- Oui, c'est ce qu'on a fait depuis deux ans. On a vécu ensemble cinq jours par semaine, et ce quasiment toutes les semaines. Tout le monde n'était pas toujours là car on a chacun nos vies et des trucs à faire, mais il y avait toujours au moins un petit noyau qui travaillait.

Q- Et tout le monde s'est impliqué à tous les niveaux ?

JJ- Oui

Q- Est-ce toujours principalement vous deux qui écrivez les titres ?

JJ- Non, on est trois maintenant. Baz a beaucoup contribué. Et j'ajouterai que Dave a plus contribué à cet album qu'il ne l'avait jamais fait auparavant.

Paul- On peut vraiment entendre tout le monde et c'est ce qui est intéressant.

Q- Avez-vous mis consciemment de nouvelles influences, de nouveaux sons ou de nouveaux trucs dans cet album?

JJ- Pas consciemment. Enfin je suppose que tu peux dire que c'est conscient car tout est prémédité, et on a eu assez de temps pour s'apercevoir des dégâts ! Il y a un titre qui est un peu différent, c'est chanté en allemand, dans une "sorte de français" (Paul se marre) et en anglais et là, on savait ce qu'on faisait...

Q- Vous avez maintenant un nouveau contrat, de nouveau avec EMI...

JJ- ...et avec Roadrunner Records...

Q- ...et j'ai vu qu'un single allait sortir un peu avant l'album ; est-ce que cela veut dire que vous allez plus respecter les règles du marketing et donner une vraie chance à cet album ou bien est-ce que vous restez toujours The Stranglers?

Paul- On nous y a forcés !

JJ- On n'a pas sorti de single pendant huit ou neuf ans. On ne pensait pas qu'il y avait de raison de le faire. Aujourd'hui on a un album qui contient trois ou quatre singles potentiels, on a même réussi à faire une vidéo très chère pour rien du tout.

Q- Comment ça?

JJ- Par hasard ; Il y a quelques semaines, lors d'une interview pour la télé, un truc à part, sur la basse, un des types qui étaient là a vu qu'il y avait les Stranglers. Je lui ai demandé s'il voulait entendre notre nouveau disque et il a répondu "vous faites encore des disques ?" J'ai dit, "Euh... ben oui !" (rires). Il a entendu l'album – c'était le réalisateur – et il a dit "C'est génial, ça me rappelle quand j'étais gamin, lorsque j'ai vu les Stranglers pour la première fois avec mon père !", et il a ajouté "J'ai fait les premières vidéos de Blur et j'adorerai en faire une des Stranglers". On ne fait plus de vidéos, tu sais, parce qu'on est vieux et laids mais il a dit "non, non, je pourrais faire un truc vraiment bien avec le single". On l'a donc tournée et heureusement on ne voit pas trop des Stranglers. Par contre, on y voit des soucoupes volantes ! Donc oui, si tu veux, on respecte les règles : on a fait une vidéo. Et je crois que c'est un film à 60 000 or 70 000 livres fait pour l'équivalent de ce que j'ai en poche (il montre un fond de poche vide), juste parce que ce gars voulait la faire.

Q- Le marché des Stranglers a l'air d'être la Grande Bretagne aujourd'hui, et on ne vous a pas vus en France depuis longtemps. Qui est celui d'entre vous qui est recherché en France et qui vous empêche de venir ?

JJ- Non, ce n'est pas ça! La France est le pays le plus faible pour nous aujourd'hui. On n'est pas venus très souvent. On a un énorme public en Angleterre, en Irlande et en Allemagne.

Paul- Oui, ça marche vraiment bien en Allemagne

JJ- ...et aux states. Mais en France on a percé avec "Feline" et au moment d'"Always The Sun" et ensuite, plus rien! Peut-être qu' "ils" ne croient pas qu'on puisse avoir un vrai public en France.

Q- Ca ne se justifie pas de venir au moins à un endroit, comme à Paris...

JJ- On aimerait jouer dans plus d'endroits. Montpellier est un excellent endroit pour jouer, Lyon est sympa aussi. Il y a quelques super endroits en France et on n'a fait aucune promotion depuis 10 ou 12 ans. Je crois que c'est la clé du problème, en particulier en France, mais il n'y a pas plus de promotion ailleurs. On a été très contents d'être en quelque sorte un groupe indépendant et de faire notre truc mais ça ne permet pas de gagner un nouveau public. Tu ne peux pas donner un accès plus large à ta musique.

Q- Et c'est sur le point de changer ?

JJ- Oui, je crois. c'est le moment.

Q- Donc on peut espérer vous voir...?

JJ- On jouera à Paris le 1er avril.

Paul- Quel est le dernier concert qu'on a fait ? Le Divan Du Monde?

Q- Je vous ai vus là-bas en 97, quelque chose comme ça.

Paul- Ca a toujours été de bons concerts, où que ce soit en France.

JJ- Oui, il y a eu de bonnes dates, mais je crois que c'est un problème de business, n'est-ce pas?

Q- Bien sûr

JJ- Les promoteurs qui te proposent de venir jouer en France ont besoin d'argent pour organiser ça, et personne ne nous l'avait dit ! (rires). C'est le problème. Heureusement il y a d'autres endroits où on peut jouer, mais in jouera ici le 1er avril, et on verra bien.

Q- Savez-vous déjà où ?

JJ- Oui, c'est à côté du Zénith, au Trabendo. On n'a jamais joué en France avec Baz, et il fait toute la différence. Je crois que c'est normal qu'une seule personne dans un petit groupe de gens puisse amener de la différence. Et il a donné le bon profil à l'équipe.

Q- Je crois que c'est un bon compromis entre ce que Hugh faisait et ce que John faisait...

JJ- Son jeu est fantastique. Il a aussi apporté une vraie dynamique, une vraie énergie à l'écriture.

Paul- Il a la bonne attitude. Son attitude est tout simplement parfaite.

JJ- Beaucoup de fans en Angleterre disent qu'il était né pour être un Strangler.

Q- Peut-être qu'il a été nourri par les Stranglers...

JJ- (faisant mine d'allaiter un bébé)

Q- Je me demandais s'il y avait des chansons des Stranglers qui n'ont plus de sens pour vous aujourd'hui, par exemple parce que c"était des contributions plus personnelles de Hugh ou parce que vous avez changé et qu'elle n'ont plus de sens pour vous ?

JJ- Il y en a, oui. c'est arrivé plusieurs fois. On a seulement commencé à jouer "Peaches" l'année dernière avec Paul. Il n'a pas voulu la chanter pendant des années, ne se sentait pas à l'aise avec et d'un coup, l'année dernière, on l'a rejouée et elle lui allait comme un gant. Il a d'autres titres : On n'avait pas joué "Walk On By" depuis des années, la version longue, et tout d'un coup avec Baz, ça marche. On n'y arrivait pas avec John, et même avec Hugh, on avait essayé de la ressusciter pour la tournée Ten et c'était merdique. Maintenant on peut la jouer.

Q- ça semble être des considérations plus d'ordre musical qu'intellectuel.

JJ- Les deux. Parfois tu ne sens pas les choses "intellectuellement", si tu veux appeler ça comme ça. Tu veux chanter une chanson et elle n'a aucun sens pour toi.

Paul- Ca vient du cœur, ça en dit beaucoup sur toi.

Q- Y-a t'il des titres que vous ne jouerez probablement jamais ?

JJ- On peut jouer tout ce qu'on veut. c'est la première fois depuis "The Raven" qu'on est capable de tout jouer et il se pourrait bien qu'on le fasse.

Q- Avez-vous essayé de ressusciter des trucs particuliers pour cette tournée – vous êtes en plein milieu de la tournée n'est-ce pas ?

JJ- Ce qu'on fait est une opportunité de jouer devant 10 000 personnes chaque soir, dans des stades, et c'est un public très standard pour être honnête, ce qui est bien, c'est un challenge. On joue quarante-cinq minutes chaque soir. On appelle ça le "Coïtus Interruptus Tour" parce qu'on a juste le temps de commencer à être vraiment excités, et là... (rires de Paul)

Q- Le concert est partagé en deux entre vous et eux ?

JJ- Oui, on joue juste quarante-cinq minutes et UB40 joue une heure et quart. C'est vraiment leur concert, et on fait juste la première partie. On joue juste les hits et un nouveau titre, le prochain single, le premier. Mais c'est juste pour que tous ces gens voient qu'on existe encore, et ça marche.

Q- Comme dans les festivals?

JJ- Oui, et chaque soir, il y a un moment de la soirée où le public de UB40 s'aperçoit qu'il connaît toutes les chansons et qu'il n'avait pas réalisé que c'était les Stranglers, pensant qu'on n'était que des vieux... 

Paul- ...des vieux punks grisonnants !

JJ- Oui, c'est ce qu'ils ont dit :  Sur le site de UB40 ils ont dit "Pourquoi nos chers UB40 jouent-ils avec cette bande de vieux punks grisonnants ?"

Q- Est-ce que ça sera différent pour la prochaine tournée, au printemps ?

JJ- Oh oui, on jouerai beaucoup de cet album.

Paul- On l'a déjà beaucoup joué.

JJ- Pendant les deux dernières années on jouait au moins un ou deux titres à chaque fois, juste pour les essayer. c'est un grand luxe tu sais.

Q- Très souvent, j'ai remarqué que dès qu'ils sont sur scène, beaucoup de groupes laissent tomber une bonne moitié de leur dernier album...

Paul- Parfois c'est difficile parce que même si tu es suivi par des centaines de millions de gens, tu ne peux pas forcément jouer au gens des trucs qu'ils ne connaissent pas bien pendant quarante-cinq ou cinquante minutes. Ils ne sont pas prêts à ça.

Q- Y-a t'il une tonalité ou une source d'inspiration générale à cet album ?

JJ- Non, le premier titre, "Norfolk Coast" a en quelque sorte dicté la manière dont le reste de l'album allait sonner. Même s'il y a quelques titres très jazzy, sur lesquels Jet joue avec des balais et moi de la basse électro-acoustique, et également quelques titres plus pêchus, "Norfolk Coast" a été le premier à nous donner la direction à suivre.

Q- Est-ce que ta tournée solo d'il y a trois ans et l'album acoustique ont contribué à ça ?

JJ- oui, ça a dû bien sûr. Tout ce qu'on fait sur le plan musical contribue à ce que font les Stranglers. Ce que fait Paul avec The Faith Band, ce que Baz fait de son côté, tous ces trucs, on les ramène dans ce melting-pot que sont les Stranglers, et c'est ce qu'on a toujours fait, ça n'a pas changé. Au début, quand Hugh a fait "Nosferatu" et moi, "Euroman Cometh", on a appris des choses en cours de route et on les a ramenées au sein du groupe. Ce n'est qu'au moment où Hugh a décidé de faire des trucs de manière complètement séparée que personne n'en a plus réellement bénéficié, pas même lui.

Paul- C'est un luxe.

JJ- Je crois que tout ce que tu fais en dehors du groupe, ton entourage immédiat, t'apprend des choses y compris sur le plan intellectuel et tu ramènes du frais. C'est la seule façon dont les Stranglers peuvent perdurer. C'est vital.

Q- Avez-vous d'autres commentaires sur les titres de l'album ? Je ne l'ai pas entendu...

JJ- D'un point de vue intellectuel, les chansons couvrent pas mal de domaines. Il y a un titre qui, j'imagine, est une conséquence du 11 septembre, qui parle des gens qui pensent avoir le monopole de Dieu. "Mon Dieu m'appartient. Mon Dieu est le bon et le tien est le mauvais", ce genre de trucs. Il y a une chanson qui parle de choses plus mystiques, comme les soucoupes volantes. (rires) Il y a un titre sur la baise ; ça commence de manière très romantique et ça se gâte à la fin. Ca commence très gentiment : des tendres bisous, des câlins, et en fait ça dégénère sur la baise. Il n'y a pas un thème particulier. C'est l'album des Stranglers le moins thématique depuis des années. Mais il y a un son commun à l'ensemble.

Paul- C'est une oeuvre musicale. Et c'est le contraire d'un concept album.

JJ- Une chanson parle de la frustration dans les embouteillages !

Paul- Seuls sous terre, et combien on a aimé le métro!

JJ- Ca parle du métro et du fait de péter les plombs, ce genre de trucs.

Q- Désolé de parler de l'album précédant, mais j'ai remarqué que beaucoup de gens n'avaient pas compris l'album "Coup De Grâce" ; Il n'a pas tellement été accepté par les fans en Grande Bretagne. Personnellement je l'aime beaucoup.

JJ- La dynamique était complètement différente, et c'était encore différent pour "Written In Red". Et pour être honnête, ces album sont très imparfaits parce qu'il sont pas des contributions de tout le groupe ; La dynamique de groupe n'est pas équitablement répartie. Ces deux disques sont le résultats de déséquilibres au sein du groupe. C'est pour cette raison que celui-ci est, de loin, bien plus solide. "Written In Red" était principalement le disque de John, et "Coup De Grâce" beaucoup plus le mien. Et aucun de ces cas de figure n'est une situation enviable quand tu as cinq personnes impliquées. Mais c'est souvent ce qui arrive avec les gens.

Paul- C'est important parfois que les groupes passent à travers ça, qu'ils y survivent.

JJ- C'est un peu comme un mariage. C'est comme dans tout type de relation. Ce n'est pas une relation de business, les Stranglers ne sont pas une relation de business. Dans tout groupe de gens, dans tout couple, les choses ne sont parfois pas aussi idéales qu'elles devraient l'être.

Paul- La passion est là. Et ça fait longtemps ; Les Stranglers sont là depuis un bout de temps...

Q- Et le choix du producteur?

JJ- Mark Wallis. Tout revient à ce morceau, "Norfolk Coast". Il y a trois ans, un mec de Sony a entendu "Norfolk Coast" et il a flippé. Il a dit "il faut à tout prix que vous enregistriez ce morceau pour Sony" On a dit oui. Ils nous ont fourni de quoi faire, de l'argent, vraiment tout bien, et l'ingénieur du son était Wallis. On a adoré ce qu'il nous a fait faire pendant l'enregistrement et on a dit "c'est lui que l'on voudrait pour interpréter nos morceaux en studio". Mark Wallis a fait U2, Travis, il a fait plein de gens, mais vu qu'il aimait bien les Stranglers il avait déjà une vision sur la manière dont on devait enregistrer. Et s'était le meilleur moyen de nous prendre. Je ne sais pas ce que Paul en pense mais je crois qu'on a enfin trouvé un producteur qui sait comment contrôler la voix de Paul (rires), et la discipliner. Car Paul a un registre énorme, il peut faire toutes sortes de choses avec sa voix, mais c'est parfois trop. Et Mark a su travailler la voix de Paul. Ca fait treize ans que Paul est dans les Stranglers, et c'est maintenant un nouveau chanteur car je crois que sur cet album tout est juste.

Paul- Je me rappelle que quand on faisait "In The Night", on essayait de contrôler les choses, et quatre heures plus tard, le producteur disait "oh, je crois qu'il faut reprendre ça".

JJ- Et c'est très facile de travailler avec Mark.

Q- Et comment un producteur doit-il travailler avec vous ?

JJ- C'est difficile de mettre exactement le doigt  dessus. Mais c'est quelqu'un de très patient, même s'il n'a pas eu à être patient avec les musiciens autant qu'avec Paul car on connaissait nos parties et elles n'avaient pas vraiment changées par rapport à ce qu'on avait répété. Mais, sous beaucoup d'aspects, la voix a un potentiel bien plus grand que celui d'un instrument de musique. Il y a tellement de manière d'interpréter quelque chose avec l'instrument vocal, surtout quand on a une telle capacité. C'est le problème ; je crois que le problème sera toujours la voix. Tu joues une note au piano, tu peux la jouer fort ou doucement, ok, mais la voix humaine a tellement un autre potentiel. Même quand tu dis quelque chose, tu peux dire la même chose de plusieurs manières différentes.

Q- Paul, est-ce que ça veut dire que tu pourrais travailler aussi avec Mark pour The Faith Band?

Paul- Non, pas jusque là, c'est autre chose. C'était une très bonne relation, c'était parfait.

Q- Jean-Jacques, est-ce que tu chantes aussi sur l'album?

JJ- Je chante, mais seulement les chœurs, pas en lead. Mais il y a une chanson sur laquelle les gens croient que c'est moi : "Big Thing Coming".

Paul- Oui, exact.

JJ- On est très contents. c'est le premier disque qu'on pense qu'on peut défendre depuis très longtemps. Même ici, il y a déjà eu de bonnes réactions. En France, je crois que FIP vont soutenir le concert. Nous allons faire un concert à Radio France, qu'ils vont enregistrer et diffuser, et apparemment Thierry Ardisson me veut sur son émission. Donc c'est assez positif aux premières écoutes, tu vois, ce qui n'a pas été le cas depuis longtemps!!

Ph.- Thierry Ardisson, ça veut dire qu'il y aura une vraie audience derrière...

JJ- Oui. Il va essayer de me provoquer le salopard ! Mais je veux bien me battre avec lui, pas de problème. Mais d'un autre côté, Rock & Folk ne va pas nous contacter. C'est dommage, mais le Rédacteur en Chef est un type qui s'appelle Philippe Manœuvre et je l'avais attaché au premier étage de la Tour Eiffel il y a des années, et ce gars n'a aucun sens de l'humour! Il y a 24 ans de ça et il est toujours rancunier. Il est un peu staliniste vis à vis des Stranglers parce que nous sommes des "non-persons", nous n'existons pas. Mais ce n'est pas un problème, on survivra à Philippe Manœuvre ! Rock & Folk sera mort avant nous. On a vu la fin de Best, envoyez-nous Rock & Folk !!

Paul- Et Sounds...

JJ- Oui, on en a vu disparaître beaucoup

Q- Ca se passe comment en Grande Bretagne ?

JJ- A propose des Stranglers?

Q- Oui

JJ- Mieux que jamais. C'est bizarre maintenant, la boucle est bouclée. On a fait quelques concerts cette année et il y avait le double de gens de ce qu'ils attendaient. Pour un concert, ils attendaient 17 000 personnes et il y en a eu 36 000. Pour un autre concert à Guilford, une ville qui ne nous a jamais acceptés, parce qu'on en vient – Tu sais, il est dit dans la bible "Un prophète n'est jamais reconnu dans sa propre ville" - et cette année, à Guilford, il y avait 25 000 personnes. Et les plus jeunes au premier rang avaient seize ans, et ils connaissaient toutes les chansons des Stranglers.

Paul- C'est fantastique!

 

L'entretien a eu lieu à Paris le 12 décembre 2003

Nouvel album : 
Norfolk Coast. Sortie française le 17 février 2004